Gabriel Fauré (1845-1924) : Au bord de l’eau, Clair de Lune, Après un rêve, Mandoline, Mai, Nell, Les Berceaux - Franz Schubert (1797-1828) : Sei mir gegrüsst, Auf dem Wasser zu singen, Aufenthalt, Du bist die Ruh, Gretchen am Spinnrade, Ständchen, Litanei.
Partenaires à la scène depuis 2009, Ariane Wohlhuter et Philippe Mouratoglou aiment donner à entendre les connivences et les liens secrets qui unissent certains compositeurs par-delà les siècles : John Dowland et Benjamin Britten hier, Franz Schubert et Gabriel Fauré aujourd’hui, dans ce récital de mélodies qu’ils ont apprivoisées depuis plusieurs années. Ces deux compositeurs aux destins si dissemblables partagent pourtant un point commun : leur prédilection pour la mélodie, jusqu’à en faire la forme la plus pure de leur art poétique. Il y a tant de musique dans ces miniatures que le terme d’ « accompagnement » semble bien réducteur pour désigner leur matière instrumentale : ce sont des récits, pleins d’intrigues, de rebondissements, de voix diverses. Pour Philippe Mouratoglou, dont les précédents disques faisaient une large place à l’idée de voyage (Rumores de la Caleta, Exercices d’Evasion, d’Autres vallées…) , adapter ces musiques à la guitare était donc, non pas une forme de « réduction», mais bien une certaine manière de les dépayser, afin de les donner à voir sous une nouvelle lumière. Il s’inscrit ainsi dans une longue tradition qui fait du geste transcripteur le meilleur hommage qu’on puisse rendre à une œuvre, depuis les luthistes de la Renaissance jusqu’aux instrumentistes actuels qui n’hésitent plus à enrichir leur répertoire en s’appropriant des pages qui n’étaient pas originellement destinées à leurs instruments respectifs. La guitare, qui ne peut rivaliser avec le piano en termes de résonnance, a d’autres atouts à faire valoir : elle offre à ces chefs-d’œuvre une clarté et une lisibilité inédites. Ariane Wohlhuter, soprano lyrique familière du répertoire baroque et classique, pose sur ces fines structures portantes un chant attentif à la moindre nuance, nous rappelant ainsi que si Schubert et Fauré ont réservé à leurs mélodies le meilleur de leur inspiration, c’est aussi parce qu’ils s’y sont senti, plus qu’ailleurs, libres d’y livrer leurs confessions les plus intimes.

Gilles Tordjman

Ariane Wohlhuter: soprano

Philippe Mouratoglou: classical guitar

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Troba Vox


Guitaremag.com

03-26-2017 Duo

Le bonheur de la mélodie

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